Correspondant de Paris/ Kader Gatcha
Les derniers scrutins municipaux en France ont démontré la résurgence de la gauche, souvent désignée comme la gauche radicale par plusieurs hommes politiques français et
menée par Jean-Luc Mélenchon. Ce phénomène est particulièrement visible dans certaines grandes villes où elle a pris les rênes, comme la commune de Saint-Denis, qui est la seconde plus grande ville de l’Île-de-France après Paris.
Les résultats des élections municipales en France ont démontré que le Rassemblement National, un parti d’extrême droite, n’a pas réussi à s’emparer de grandes municipalités telles que Marseille et Toulon. Cela souligne l’incapacité du parti à dominer les grandes villes, malgré une certaine espérance de conquérir des postes dans les principales agglomérations françaises. Cela se manifeste notamment par la présence régulière de ses politiciens dans les médias français, en particulier ceux détenus par l’oligarchie française tels que CNews, propriété de Vincent Bolloré, célèbre pour son hostilité envers les étrangers.
Prenons l’exemple de la chaîne « CNews » qui, chaque jour, propage des discours de haine en faisant intervenir des analystes, des universitaires et des politiciens. Ces derniers se focalisent principalement sur les sujets tels que l’immigration, l’islam, les Arabes, les Noirs africains… C’est un Trojan horse pour ce média. Et cela en réponse à la ligne éditoriale défendue par les propriétaires de ces entités médiatiques.
Les récents propos tenus par les dirigeants de ces médias, notamment le discours raciste diffusé sur la chaîne « CNews » visant le maire de Saint-Denis, qui a remporté la mairie dès le premier tour, ont suscité l’indignation des analystes et des invités de cette chaîne en particulier. Ils ont tenu des propos qui ne peuvent être qualifiés que de profondément racistes.
Michel Onffret, un philosophe français reconnu pour sa présence fréquente dans les médias en tant qu’intellectuel et chercheur, a exprimé son opinion sur l’élection de Balley Bagayoko en tant que maire de Saint-Denis. « On est dans une tribu primitive », a-t-il déclaré, selon des déclarations rapportées par le quotidien Le Parisien.
Balley Bagayoko ainsi qu’un groupe d’élus noirs ont aussi été stigmatisés par des clichés racistes virulents, son nom étant associé à un discours comportant des allusions aux « grands singes » et aux « chefs tribaux » sur la chaine CNews, suscitant une polémique en France après des déclarations jugées « racistes ». Ces propos ont agacé Bali Bakayoko ainsi que les membres de son parti de gauche. Pour ce qui est de Mathilde Panot, porte-parole du groupe parlementaire du parti, elle a décidé de soumettre l’affaire à l’autorité régulation de l’audiovisuel et du numérique en France.
Sous la direction de Mélenchon, le parti « La France insoumise » a annoncé avoir reçu des courriers de plusieurs députés noirs qualifiés de « Négrophobie » (racisme anti-noir). Suite à cela, Bagayoko a exprimé son mécontentement face à l’inaction des « institutions supérieures du pays » concernant les propos de certains politiciens et responsables dans divers médias. Cela remet en question les valeurs de la France, plus précisément le combat contre toute forme de racisme, et dans une entrevue sur « France Inter », il a souligné que la population de Saint-Denis sont profondément désillusionnés par ces propos, mais que nous ne saurions ignorer ces questions sans réagir.
Les élections municipales en France fournissent une perspective sur le paysage politique futur pour les élections présidentielles prévues en avril 2027, et anticipent qui pourrait en sortir victorieux.
Ce qui est évident suite à ces élections, c’est la posture adoptée par les Républicains, le parti du président Macron, face aux deux entités de droite : celle menée par Bruno Retailleau, ancien ministre de l’Intérieur, et l’extrême droite dirigé par Jordan Bardella, présumé candidat du Front national. Ces élections indiquent aussi que le mouvement « La France insoumise » qui se fraye son propre chemin et gagne en popularité parmi les Français, surtout en réponse aux crises qui ont touché la France récemment. De ce fait, il consolide sa posture politique, principalement dans les villes populaires. Ces élections ont démontré que les partis de droite classique et d’extrême droite qui mettent l’accent sur le discours relatif à la sécurité et à l’immigration n’ont pas réussi à séduire l’électorat français. Ce rejet par les citoyens français pourrait expliquer pourquoi leurs programmes ne proposent pas une vision claire de solutions efficaces face à la crise économique.
Ces résultats ont incité certains politiciens à exprimer leur désir de se présenter aux prochaines élections présidentielles, comme Jordan Bardella, le chef du parti d’extrême droite le rassemblement National, qui a commencé à changer son discours sur l’Algérie. En effet, lors d’une rencontre avec la presse, il a annoncé son projet de se rendre en Algérie. De même, l’ancien Premier ministre du gouvernement d’Emmanuel Macron, Édouard Philippe, a affirmé aux médias qu’il est inacceptable que les relations entre l’Algérie et la France demeurent tendues ; une collaboration est nécessaire.
Ont-ils modifié leur propos ? C’est eux qui, dès qu’ils sont médiatisés, évoquent l’Algérie, le sujet de la migration et les accords de 1968. Est-ce un changement de position ? Ou s’agit-il d’une stratégie électorale ?
Le maire artistique de Saint-Denis, Bali Bagayoko

Le philosophe français Michel Onffray




