Correspondant de Paris/
Kader Gatcha
هذه الباحثة الماجرية “كتالين كاريكو” Katalin Kariko والتي عانت الكثير في الولايات المتحدة ألأمريكية من أجل اتمام دراستها وبحوثها وحصولها على منحة دراسية حيث رفضتها الجامعة المنتسبة إليها، ووجدت نفسها بين انتهاء مدة تأشيرتها وصعوبة مواصلة بحوثها. ورغم كل الصعاب وصلت إلى القمة في بحوثها. وها هي اليوم مرشحة لنيل جائزة نوبل في الكيمياء,
“كتالين كاريكو” فتحت قلبها لجريدة البايس El Pais حسب واست فرانس Ouestfrance ووكالة الأنباء الفرنسية AFP وعرجت على رحلتها العلمية و أبحاثها في الوصول إلى لقاح كوفيد 19 لمختبر بلايزر وبيوتك Pfizer/BioNTech et Moderna
Cet été, « on pourra probablement reprendre une vie normale », estime la mère du vaccin anti-Covid
La biochimiste hongroise Katalin Kariko est à l’origine des recherches pour élaborer des vaccins basés sur la molécule de l’ARN. Celle utilisée aujourd’hui par les vaccins anti-Covid de Pfizer/BioNTech et Moderna. Selon elle, le vaccin permet de « neutraliser 20 variantes mutées du virus ».
De chercheuse inconnue et marginalisée, Katalin Kariko fait aujourd’hui figure de pionnière. L’ARN messager, peu y croyaient, elle si. Et depuis longtemps. Née en Hongrie, elle est arrivée aux États-Unis il y a 35 ans pour effectuer son doctorat. Peu de scientifiques imaginaient, à l’époque, que cette méthode de thérapie génique poserait les jalons des vaccins des firmes Pfizer, avec BioNTech et Moderna contre le Covid-19.
Fin décembre, elle a retrouvé celui qui a cru, dans les années 2000, en sa recherche : Drew Weissman. L’heure était à la vaccination. Ils ont tous les deux reçus leur première dose du vaccin BioNTech : « Je ne ressens aucune crainte », a-t-elle déclaré ce jour-là. « Si cela avait été légal, je me serais déjà fait vacciner au laboratoire, mais j’ai toujours aimé être à cheval sur les règles, a-t-elle indiqué dans El País . Le vaccin protège pas moins de 10 jours après la première dose, et cela, à 88,9 %, puis, bien davantage, à 95 % dès la seconde dose. »
« Neutraliser 20 variantes mutées du virus »
La découverte de variantes du coronavirus ne l’inquiète pas davantage : « Un point très important mérite d’être signalé. Au cours des essais cliniques, nous avons prélevé du sang sur les sujets vaccinés et créé des copies de la totalité des variantes du coronavirus présentes dans le monde entier. Le sang de ces patients, qui contient des anticorps, a réussi à neutraliser 20 variantes mutées du virus », souligne-t-elle encore dans El País.
« Reprendre le chemin de la plage »
C’est ce qui lui fait dire que le bout du tunnel n’est pas loin : « Ces vaccins vont nous sortir de cette pandémie. En été, on pourra probablement reprendre le chemin de la plage et une vie normale. »
Et selon elle, depuis l’État américain dans lequel elle est désormais, la Pennsylvanie, il n’y a pas de raison de voir la population refuser le vaccin : « Avec plus de 3 000 décès quotidiens aux États-Unis, il ne me fait pas l’ombre d’un doute que la population se fera vacciner, surtout les personnes âgées. »
Le vaccin « n’utilise pas de cellules animales ni de bactéries »
Katalin Kariko comprend malgré tout les réticences. Tout particulièrement en ce qui concerne ce vaccin qui, à base d’ARN, est inédit. Mais elle tient à rappeler que « ces prototypes sont utilisés depuis plus de 10 ans, notamment contre le cancer, lors d’essais cliniques, et ils se sont avérés sûrs ». Elle rappelle d’ailleurs le fonctionnement de ce vaccin : « L’ARN messager que nous utilisons présente une composition identique à celui que chacun fabrique directement au sein de ses propres cellules. Le procédé est tout à fait naturel et élaboré à partir de nucléotides de végétaux. Il ne comporte rien de plus qui soit inconnu et n’utilise pas de cellules animales ni de bactéries, rien. »
Katalin Kariko a employé une bonne partie de son temps dans les années 1990 à postuler è des financements pour ses recherches centrées sur l’acide ribonucléique (ARN) messager, des molécules qui donnent aux cellules un mode d’emploi, sous forme de code génétique, afin qu’elles produisent des protéines bienfaisantes pour notre corps.
La biochimiste pensait que l’ARN messager pourrait jouer un rôle clé dans le traitement de certaines maladies, par exemple en soignant les tissus du cerveau après un AVC.
Mais l’université de Pennsylvanie, où elle était en voie d’accéder au professorat, a mis un coup d’arrêt à ses recherches en refusant, selon elle, ses demandes de bourses : « J’étais destinée à être promue et c’est alors qu’ils m’ont rétrogradée, s’attendant à ce que je parte », se souvient-elle.
À l’époque Katalin Kariko ne disposait pas de la fameuse carte verte de résidente et elle avait besoin d’un travail pour renouveler son visa. En même temps, elle n’ignorait pas qu’il lui serait difficile de financer les études supérieures de sa fille, avec son salaire raboté à l’échelon où elle se retrouvait.
ADN contre ARN
À la fin des années 1980, la communauté scientifique n’avait d’yeux que pour l’ADN, qu’on voyait potentiellement capable de transformer les cellules et, donc, de soigner des pathologies comme le cancer ou la mucoviscidose.
Entre les risques de modification génétiques incontrôlables avec les recherches sur l’ADN et les vives réactions inflammatoires que provoquait l’ARN messager – considéré comme un intrus par le système immunitaire – les opposants à l’une ou l’autre des techniques étaient nombreux.
Avec son partenaire de recherche, le médecin immunologiste Drew Weissman, Katalin Kariko parvient progressivement à introduire de mini-modifications dans la structure de l’ARN, le rendant plus acceptable par le système immunitaire.
Leur découverte, publiée en 2005, marque les esprits, extirpant (un peu) Katalin Kariko de l’anonymat. En 2015, ils franchissent un nouveau palier, en réussissant à placer leur précieux ARN dans des « nanoparticules lipidiques », un enrobage qui leur évite de se dégrader trop vite et facilite leur entrée dans les cellules.
Controverse scientifique
Cinq ans plus tard, à l’heure de combattre un virus qui afflige la planète, ces deux percées ont leur importance. Les deux vaccins censés sauver le monde sont basés sur cette même stratégie consistant à introduire des instructions génétiques dans l’organisme pour déclencher la production d’une protéine identique à celle du coronavirus et provoquer une réponse immunitaire.
Katalin Kariko occupe aujourd’hui un poste élevé au sein du laboratoire allemand BioNTech, associé à la firme Pfizer, qui produit le premier vaccin distribué dans le monde occidental, l’autre étant fabriqué par Moderna, dont le nom signifie « Modified RNA » (ARN modifié).
Derrick Rossi, un des fondateurs de Moderna, a indiqué, fin décembre, que le prix Nobel de chimie devrait lui être attribué. D’autres scientifiques partagent ce point de vue, alors que certains remettent en cause l’importance de ses travaux et soulignent qu’ils existent d’autres recherches sur l’ARN depuis les années 2000.
Mais pour Katalin Kariko, peu importe : « Au cours des 40 dernières années, je n’ai pas reçu une seule récompense pour mes travaux, pas même une petite tape dans le dos. Pas besoin de cela. Je sais ce que je fais et suis consciente que c’était important. Et puis, je suis trop âgée pour changer. Ça ne m’est pas monté à la tête. Je ne porte pas de bijoux et je possède cette vieille voiture de toujours », a-t-elle déclaré à El País.


